Entre pas lents et plats chauds : le Sancy en amoureux
- 7 févr.
- 4 min de lecture
Pour ceux qui aiment marcher, savourer, et se retrouver loin du bruit du monde.
Il y a des randonnées qui se vivent comme des parenthèses douces et gourmandes.
Dans le Sancy, ces parenthèses prennent une couleur particulière quelque soit la saison. Les sentiers glissent entre les estives, longent les rivières encore jeunes, s’enfoncent dans les sous‑bois où la lumière joue à travers les branches, puis s’élèvent vers les cascades et les crêtes. À deux, on y trouve une manière simple d’être ensemble : un pas partagé, un paysage qui se dévoile juste pour nous...
Autour du Lodge de Sagnove, quatre itinéraires dessinent une escapade tendre, où la marche mène autant vers la nature que vers une bonne table. Des haltes locales, des plats chauds, des sourires derrière un comptoir, des odeurs de fromage fondu ou de crêpe qui racontent la montagne autrement. Trois balades pour ceux qui aiment découvrir en prenant leur temps, savourer sans se presser, et vivre la montagne en amoureux.
Prendre de la hauteur, redescendre doucement, savourer pleinement
C’est la randonnée (hors saison hivernale) des séjours courts, des envies spontanées, de ces moments où l’on décide de s’offrir un sommet sans attendre. On embarque dans le téléphérique depuis la station du Mont‑Dore, on s’élève et soudain, tout s’ouvre : les crêtes, les vals, les ombres qui glissent sur les pentes.

Quelques marches plus tard (enfin 854 quand même), le sommet du Puy de Sancy dévoile un panorama à 360°qui invite à s’arrêter, juste un instant, pour regarder. Puis vient la descente en empruntant les crêtes et le Val de Courre, un vallon large et lumineux où l’on côtoie vaches en pâture et cri de marmottes.
Pause gourmande : deux adresses, deux ambiances
L’Auberge des Mancelles — chez Annabelle
Une auberge comme on les imagine dans les romans : familiale, simple, généreuse. On y retrouve les plats traditionnels qui réchauffent l’hiver et réconfortent l’été : coq au vin, potée auvergnate, truffade à la fourme d’Ambert.
On aime : l’accueil, les produits de la ferme, la terrasse, la cuisine qui mijote encore “comme avant”.
La Table de l’Ours — chez Sébastien
Ici, avec la vue sur le Sancy, la montagne s’invite jusque dans l’assiette aussi bien pour un déjeuner léger avant ascension - plat du jour, salade - que pour une pause plus gourmande post randonnée.
Avis aux amateurs de fromage : raclette, pavé de bœuf sauce bleu, poisson en croûte de Cantal sur la carte, et bien sûr la truffade — le plat d'Alix lorsque l'on déjeune ici -
On aime : la vue sur le massif, la salle, le fait maison.
Marcher loin du monde, goûter l’authenticité
Ces deux randonnées ont un parfum de sauvage et d’ailleurs. La réserve naturelle de la Fontaine Salée se dévoile comme un amphithéâtre naturel, vaste et silencieux, où les pentes douces et les herbes hautes semblent absorber chaque bruit. On avance tranquillement, presque en chuchotant, tant le lieu impose sa sérénité.

Plus loin, la tourbière de Gayme déroule son paysage rare : un tapis végétal ancien, préservé, où l’on marche avec respect. Ici, la nature protégée raconte une histoire plus lente, plus profonde, que l’on écoute sans effort.
Pause gourmande : Chez la Jeanne, à Picherande
Au retour, une halte s’impose dans ce petit établissement où le temps semble avoir gardé son rythme d’autrefois. Chez la Jeanne, on ne parle pas de crêpes : on découvre les pompes d’autrefois, ces galettes épaisses et dorées, simples et délicieuses, qui portent en elles tout un pan de tradition locale.
C’est une pause douce, sans artifice, où l’on savoure autant le goût que le geste. Un moment qui prolonge la randonnée avec la même simplicité que les paysages traversés.
Traverser les hauteurs, goûter au buron, finir au fil de l’eau
C’est une randonnée à la journée, qui raconte le Sancy dans toute sa diversité. Le sentier s’élève d’abord vers la Grande Cascade, dont le grondement accompagne les premiers pas. On reste quelques instants face à elle, fasciné par sa chute (la plus haute d'Auvergne), le visage légèrement brumisé, avant de poursuivre la montée.

Le sentier gagne ensuite les crêtes et rejoint le Puy de l’Angle, l’un des plus beaux belvédères du massif. Là-haut, le regard porte loin : sur les lacs, le massif du Sancy, les plateaux qui s’étirent jusqu’à l’horizon et les Monts Dômes. C’est un sommet qui invite à s’asseoir, à partager un silence, à laisser le vent raconter ce qu’il veut. La randonnée panoramique se poursuit sur les crêtes jusqu'au Puy de la Tâche puis ramène vers la route du col de la Moreno où une halte au Buron est la bienvenue après avoir avalé tous ces dénivelés positifs. A faire hors période enneigée.
Pause gourmande : Le Buron du Col
Chez Laurence et Christophe, l’ambiance est chaleureuse. On y sert l’assiette du randonneur, la truffade fumante, la tarte à la myrtille ou encore un chocolat chaud. C’est une pause qui fait du bien, qui réchauffe avant de repartir pour les derniers kilomètres.
Après cette parenthèse gourmande, le sentier reprend en descente, plus doux, plus ombragé. Il glisse vers les cascades du Queureuilh et du Rossignolet, deux chutes d’eau nichées dans un décor de rochers et de lumière filtrée. On marche au rythme de l’eau, on s’arrête pour écouter, pour regarder, pour prolonger encore un peu la journée.
Une boucle un peu sportive (15km 1000D+) qui mêle panoramas, gourmandise et fraîcheur — un concentré du Sancy à vivre à deux.



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